jardinsuisse 1/2026 35 tremplin, cet espace mettait en avant des solutions innovantes, durables et adaptées aux grands défis environnementaux et cli- matiques. Durant trois jours, dix start-ups ont bénéficié d’un corner dédié, d’une forte visibilité et d’un parcours de visite ciblé pour présenter leurs projets aux professionnels. Véritable lieu d’échanges, le Village favori- sait les rencontres, les démonstrations et les collaborations potentielles. Parmi les jeunes pousses présentes, Filae s’est distin- guée en remportant le Coup de cœur du Village Start-Up pour son projet «RUPA»: un procédé consistant à recycler des filets de pêche usagés pour en faire des supports de végétalisation ou d’ombrage destinés aux espaces urbains tels que façades végétalisées, pergolas, toitures végétales, toiles d’ombre. Maître Jardinier 2025 La finale du concours Carré des Jardiniers a vu la remise du trophée à Ludovic Orain pour son jardin «L’écrin méditerranéen». Le jury, présidé par le célèbre architecte-paysagiste Jean Mus, a évalué les créations des quatre finalistes qui ont eu 96 heures pour monter et réaliser un jardin de 200 m² sur la thé- matique «Le jardin des possibles: faites-nous rêver, surprenez-vous». Avec sa proposition inspirée des paysages méditerranéens, le lau- réat s’est distingué par une approche sensible, durable et résolument tournée vers les enjeux écologiques et urbains actuels. Son jardin «conçu comme une immersion poétique où chaque ressource est utilisée avec sobriété» a marqué le jury par sa cohérence, sa technicité et sa vision des jardins de demain. Entretien avec Alexandra Moncorgé, directrice du Salon Paysalia. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cette édition 2025, tant dans l’ambiance que dans la mobilisation de la filière? Ce qui m’a vraiment frappée cette année, c’est l’énergie collective qui s’est dégagée dès l’ouverture. J’ai senti un véritable sentiment d’appartenance à la filière et une volonté très affirmée de collaborer pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux. L’ambiance était extrêmement rythmée: une réelle frénésie du contact, mais toujours avec cette convivialité propre à Paysalia, festive sans jamais perdre son cadre professionnel. J’ai aussi été impressionnée par l’appétence du public pour les contenus: les conférences ont fait salle comble et les visiteurs venaient clairement pour s’informer et se former. Quelles améliorations mises en place cette année ont le mieux fonctionné, et lesquelles souhaitez-vous consolider pour les prochaines éditions? Nous avons renforcé la thématisation de certains espaces, notamment le village amé- nagement urbain et éclairage, et cela a très bien fonctionné. Ce nouvel espace a permis de structurer une offre déjà présente et de répondre à la demande croissante autour de la ville verte. Le village start-up a également été un succès: douze jeunes structures ont pu bénéficier d’une visibilité accrue, en écho aux attentes de l’UNEP (Union Nationale des Entreprises du Paysage). Pour 2027, nous allons poursuivre dans cette direction, consolider les villages existants et peut-être en créer de nouveaux. Quelles innovations présentées en 2025 vous ont semblé les plus prometteuses, et comment souhaitez-vous encourager encore davantage l’innovation à l’avenir? L’innovation est indispensable pour la fi- lière comme pour le salon. À titre personnel, j’ai eu un coup de cœur pour l’effaroucheur InsectGuard d’Amazone (1er prix des inno- vations awards, ndlr), barre vibrante placée devant les tondeuses qui effraie les insectes, qui introduit un lien très intéressant avec la biodiversité. Mais plus largement, nous devons continuer à encourager l’innovation sous toutes ses formes. J’aimerais notam- ment mieux représenter la production vé- gétale, un secteur très innovant mais encore peu visible: c’est un axe clair d’amélioration pour 2027. Comment avez-vous perçu la cohabitation des différents métiers du paysage pendant cette édition, et quels ajustements envisagez-vous pour mieux les représenter demain? Nous avons souhaité renforcer la présence du végétal, aussi bien sur les stands que dans la scénographie du salon, et cela s’est res- senti. J’attache aussi beaucoup d’importance à l’accueil: nous avons introduit davantage d’espaces de repos et de travail, car un salon est devenu pour beaucoup un lieu où l’on doit pouvoir téléphoner, suivre une réunion en ligne ou s’installer quelques minutes. Ces espaces ont vraiment amélioré l’expérience visiteur, et nous allons continuer à les dé- velopper. Qu’a révélé cette édition sur la place internationale de Paysalia, et comment souhaitez-vous développer cette dimension pour les éditions à venir? Paysalia est aujourd’hui solidement installé en Europe et cette édition l’a confirmé. La Journée Ville Verte a permis d’accueillir des intervenants de Milan, Turin, Helsinki, Sé- ville, Saragosse ou Vilnius, et ce premier an- crage international ouvre de nouvelles pers- pectives. Pour 2027, je souhaite aller plus loin, fédérer encore davantage de grandes villes et renforcer notre attractivité auprès des entrepreneurs du paysage à l’échelle eu- ropéenne. Pour moi, c’est clairement une piste d’avenir. Interview Nouveau venu dans la gamme professionnelle et présenté parmi les innovations 2025, le robot Stiga Apx Pro gère jusqu’à 27 000 m² grâce à ses batteries et à ses outils interchangeables. photo: Jean-Luc Pasquier Alexandra Moncorgé. photo: Studiobeguin
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