18 jardinsuisse 1/2026 Suisse. Pour Nicolas Desarzens, l’ensemble des mesures négociées constitue «un inves- tissement stratégique pertinent». Salaires et CCT: discussions à venir Lors des négociations salariales de l’automne, JardinSuisse et l’association des travailleurs Grüne Berufe Schweiz se sont accordées sur des adaptations pour 2026. Le renchérisse- ment, évalué à 0,2 %, a conduit à une aug- mentation de 50 francs par mois des salaires minimaux au niveau CFC dans la production de plantes ornementales. Par ailleurs, des ajustements individuels représentant 0,4 % de la masse salariale ont été mis en œuvre. Dans le secteur du jardinage et de l’amé- nagement paysager, les salaires minimaux à partir du CFC ainsi que ceux des cadres augmentent de 75 francs par mois, et 0,6 % de la masse salariale est consacré à des adap- tations individuelles. En 2026, les négociations sur une nou- velle convention collective de travail débu- teront. Un groupe de travail intersectoriel recueille dès à présent les attentes des diffé- rents domaines spécialisés afin de préparer les discussions relatives à la CCT 2027. Digiflux: généralisation du système La mise en œuvre de Digiflux progresse. La phase pionnière a débuté en juillet 2025 pour le commerce et devrait être prête en septembre 2026 pour les utilisateurs. À la suite d’une motion parlementaire déposée en 2024, des simplifications ont été appor- tées à la saisie des données. JardinSuisse a obtenu une égalité de trai- tement entre entreprises de production et exploitations agricoles, notamment la sup- pression de l’obligation de fournir des don- nées géoréférencées détaillées sur les surfaces traitées. Dès le 1er janvier 2027, le système s’appliquera à l’ensemble des utilisateurs de produits phytosanitaires du secteur vert. Priorité aux solutions biologiques Dans le cadre de la convention d’objectifs négociée avec l’OFAG, JardinSuisse entend réduire le recours aux produits phytosani- taires en renforçant les méthodes de lutte biologique. D’autres mesures destinées à soulager les sols concernent la réduction de l’utilisation des engrais. «La production en systèmes en circuits fermés doit être encouragée», a ex- pliqué Rinaldi. «Cela permet de réduire les apports au sol.» Un groupe de travail doit se pencher sur cette thématique et diffuse- ra, à l’intention des entreprises, des fiches relatives aux nouvelles méthodes de ferti- lisation. Les producteurs de plantes orne- mentales et les pépiniéristes pourront no- tamment s’appuyer sur des analyses, comme celles du laboratoire des sols de JardinSuisse, afin d’encourager la transition pour cer- taines cultures. L’OFAG et JardinSuisse se sont donnés trois ans pour atteindre les objectifs de la convention. La Confédération mise sur l’engagement volontaire. Scarabée japonais: expansion au Tessin Les experts estiment qu’en Suisse, le scarabée japonais ne pourra plus être éradiqué partout, indique Leslie Mann, de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG). Dans les zones où un foyer d’infestation est identifié, la stratégie de la Confédération consiste désormais à ten- ter de contenir ce ravageur particulièrement vorace afin d’en ralentir la propagation. Des zones d’infestation plus étendues sont actuel- lement recensées au Tessin méridional, dont la zone tampon s’étend jusqu’aux régions frontalières du canton des Grisons, ainsi que dans la région du Simplon, dans le Haut-Va- lais. À cela s’ajoutent plusieurs nouveaux foyers, où l’objectif reste encore l’éradication du coléoptère. Ceux-ci se situent dans la val- lée du Rhône, en quatre points à proximité du Léman, dans les cantons de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne, à Kloten, aux abords des deux aires d’autoroute de Gunzgen (SO) et de Neuenkirch (LU), ainsi que dans la réserve naturelle de Sägel (SZ). «Rien que durant l’été 2025, six nouvelles populations ont été découvertes», précise Leslie Mann. Un bilan contrasté Les foyers d’infestation sont surveillés à l’aide de pièges. Dans certaines régions, il apparaît que les populations peuvent être contenues, voire maîtrisées, comme c’est le cas à Bâle- Ville/Bâle-Campagne et dans le canton de Schwyz. En revanche, une nette expansion a été observée au Tessin et dans la région du Simplon, en Haut-Valais. «Au Tessin, les sur- faces viticoles sont particulièrement impac- tées», souligne la collaboratrice de l’OFAG. «C’est pourquoi, dès cette année, la zone tam- pon couvrira l’ensemble du canton, y compris les zones frontalières du Haut-Valais.» Des scarabées ont aussi été détectés en 2025 dans les régions limitrophes des Gri- sons, en particulier dans le val Mesolcina (GR), qui fait également partie de la zone tampon du foyer tessinois. Pour Kloten, dans le canton de Zurich, l’OFAG suppose une stabilisation de la population. Toutefois, le nombre de captures y est plus élevé en raison de l’installation d’un dispositif de piégeage dix fois plus dense. Autour de la Suisse, des foyers d’infestation sont également présents dans le Piémont et en Lombardie. Le rava- geur a par ailleurs été récemment détecté en Vénétie, en Émilie-Romagne et en Slové- nie. L’Allemagne est également confrontée à cette problématique, avec la découverte de deux foyers, l’un dans le Bade-Wurtemberg, l’autre à Essen. Une lutte exigeante L’OFAG considère la stratégie de confine- ment comme relativement efficace. «Il est positif de constater qu’en Suisse, une seule population a connu une forte expansion, celle du canton du Tessin», indique Leslie Mann. Elle souligne en outre la bonne col- laboration avec la population et les entre- prises concernées lors de la mise en œuvre des mesures consécutives à une infestation. Néanmoins, au Tessin en particulier, les limites ont été atteintes tant sur le plan des ressources humaines que financières. «Les mesures de lutte contre le scarabée japonais engendrent des coûts élevés, et les opérations de surveillance et de lutte sont très chronophages», conclut la représen- tante de l’OFAG. Voir également p. 20
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