34 jardinsuisse 1/2026 lorsque Maxime Bougain, Meilleur Ouvrier de France, échangeait avec les visiteurs pen- dant une démonstration de taille. Ce petit privilège — celui d’observer et d’échanger avec un artisan d’un tel niveau — incar- nait ce que Paysalia peut offrir de meilleur: l’alliance du savoir-faire traditionnel et de l’innovation moderne. Les visiteurs n’y viennent pas uniquement pour comparer des sécateurs ou des scies, ils font le dépla- cement pour essayer et sentir la différence entre les outils, les instruments, les ma- chines ou les logiciels. D’autres stands, plus techniques, propo- saient autant de démos et d’innovations parfois plus discrètes, mais tout aussi essen- tielles: matériaux regardant l’avenir, subs- trats optimisés, systèmes d’économie d’eau, solutions de renouvellement urbain végéta- lisé. Et là, le village «Fleurs de France», véri- table pilier historique du salon regroupant les producteurs français, offrait justement un aperçu des types de végétaux adaptés aux exigences actuelles. Amplifier le vivant au plus près du sol La mycorhization des arbres et des plantes en général s’impose progressivement dans les espaces verts comme un levier essentiel pour améliorer la reprise, la résilience et la longévité des plantations. En renforçant la symbiose entre racines et champignons, cette technique optimise l’accès à l’eau, aux nutriments et la résistance aux stress cli- matiques. Au salon, plusieurs entreprises propo- saient leurs lots de solutions à base de mi- croorganismes ou de mycorhizes, mais c’est la jeune entreprise Mycoterroir qui a rete- nu l’attention grâce à une approche fon- dée exclusivement sur les souches locales. «Nous faisons de l’amplification mycorhi- zienne de terroir», explique Sébastien Jardi. L’entreprise prélève, dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour du chantier, une diversité de champignons adaptés au pédoclimat. Ces souches sont ensuite culti- vées durant quatre à cinq mois sur plantes hôtes avant d’être restituées sous forme de granulés, poudres, pralins ou formulations injectables. «On n’amène rien d’exotique, les populations sont habituées au milieu local et se maintiennent 8 à 10 ans», sou- ligne-t-il. L’application doit être précise, notamment pour les arbres déjà en place: «Les champignons vivent entre –15 cm et –50 cm. Si on ne les met pas au cœur du système racinaire, ça ne fonctionne pas.» Chaque projet étant sur mesure, le coût dépend du nombre de spores produites. À noter que le service Mycoterroir a obtenu la médaille d’or du SITEVI Innovation Awards de novembre dernier, une distinction qui récompense les innovations majeures au service des filières de production. L’innovation au service du paysage Toujours dans la même dynamique précitée et sur une initiative conjointe de Paysalia et de l’UNEP, le Village Start-Up de l’édition 2025 a rassemblé pour la première fois de jeunes entreprises désireuses de réinventer les métiers du paysage. Pensé comme un Haut: Inspiré des paysages méditerranéens, le jardin de Ludovic Orain est le lauréat du carré des jardiniers 2025. Bas: Prix de l’encouragement du Village Start-Up, Filae propose des solutions de supports issus du recyclage de filets de pêche pour la végétalisation. À droite: La compacité de cette nouvelle pince DMS réduit le bras de levier et rend l’outil particulièrement adapté aux mini-pelles et aux machines compactes. photos: Jean-Luc Pasquier
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