jardinsuisse 1/2026 29
Les données scientifiques sont désormais 
solides. Une méta-analyse montre que les 
personnes vivant à moins de 500 mètres 
d’un espace végétalisé présentent un taux 
de mortalité plus faible que celles privées 
d’accès à la nature. Même constat pour les 
allergies: «Les populations urbaines sont 
nettement plus sensibles au pollen que celles 
vivant en milieu rural», souligne Nicolas 
Senn. En cause, une exposition réduite à 
la biodiversité, pourtant essentielle au dé-
veloppement du microbiote et aux méca-
nismes épigénétiques. Des expériences me-
nées auprès d’enfants confirment ces effets. 
L’introduction de terre forestière dans des 
espaces de jeux réduit les marqueurs d’in-
flammation par rapport à des sols minéraux. 
«Le lien entre nature et santé n’est plus une 
intuition, mais un fait démontré», résume 
le médecin.
Champ d’action pour les paysagistes
Apporter plus de verdure ne signifie pas for-
cément créer de nouveaux parcs. Pour les 
paysagistes, le potentiel se situe aujourd’hui 
dans les interstices du bâti, tels que toi-
tures, cours intérieures, abords d’hôpitaux, 
cheminements, espaces d’attente ou encore 
zones minérales contraintes. Les exemples 
présentés lors de la journée Plante & Cité 
montrent que chaque surface peut deve-
nir support de végétation, à condition de 
repenser les usages. Jardins de soins, bacs 
plantés mobiles, plantations en pleine terre 
ou sur dalle répondent à des objectifs précis: 
apaisement, confort thermique, stimulation 
sensorielle. «Il s’agit de concevoir des es-
paces qui accompagnent le soin, sans gêner 
les fonctions premières du site», souligne 
Florence Gottiniaux, architecte paysagiste 
spécialisée dans les jardins thérapeutiques.
Créer des plantations bénéfiques pour la 
santé repose d’abord sur la diversité. «Plus 
un milieu est riche en espèces, plus ses ef-
fets positifs sur l’humain sont importants», 
rappelle Tanja Chautems-Eggenberger, co- 
associée du cabinet de conseil Pan Bern AG. 
Le choix des végétaux vise donc à multiplier 
les strates, les floraisons, les textures et les 
saisons d’intérêt, tout en privilégiant des 
espèces adaptées au site.
L’entretien, enfin, conditionne la du-
rabilité des effets. Gestion différenciée, 
tailles raisonnées, fauches tardives et ac-
ceptation d’une part de spontanéité végé-
tale permettent d’obtenir des espaces plus 
résilients et apaisants. «La crédibilité passe 
aussi par la sécurité et la lisibilité des amé-
nagements», rappelle Valérie Hoffmeyer, 
architecte paysagiste, soulignant l’impor-
tance d’indicateurs clairs pour convaincre 
les maîtres d’ouvrage.
Transformation du métier
Les échanges de la journée Plante & Cité 
convergent vers un constat clair: le végétal 
est dorénavant reconnu comme un facteur 
mesurable de santé et de bien-être. Pour les 
paysagistes et horticulteurs, cette évolution 
transforme le métier. Concevoir et entrete-
nir des espaces verts revient aussi à agir sur 
le confort, la prévention et la qualité de vie.
En s’appuyant sur des bases scientifiques, 
des outils techniques éprouvés et une col-
laboration étroite avec les acteurs du soin, 
le paysage s’affirme comme une compo-
sante à part entière de la santé publique, au 
cœur des projets urbains et institutionnels 
de demain.
Michel Metias, responsable du secteur Jar-
dins aux HUG, a supervisé la création de 
«l’espace médiation» de la terrasse OPERA 
(Opération, Promenade, Eveil, Réanimation, 
Approvisionnement). Inaugurée l’année 
dernière sur les toits des HUG, cet espace 
propose aux visiteurs une promenade de plus 
de 300 mètres, agrémentée de pas moins de 
28 000 plantes composées de 35 essences 
différentes.
Comment est née la volonté de végétaliser 
les HUG?
Tout est parti de la direction générale. Sans 
cette impulsion, on avance peu. Nous avons 
eu la chance d’avoir un directeur convaincu 
du rôle du végétal dans le bien-être à l’hôpi-
tal. Cette confiance initiale a rendu possible 
la transformation de nos espaces extérieurs.
Quelles ont été les premières étapes?
Il a fallu tout reprendre à la base. Nous 
n’avions que les plans des bâtiments, pas 
ceux des jardins! J’ai passé près de deux ans 
à cartographier chaque espace et à créer un 
manuel de gestion différenciée inspiré de 
celui de la Ville de Lausanne, mais adap-
té à notre contexte hospitalier. Les jardi-
niers notent chaque jour le temps consa-
cré à chaque type d’espace: ces indicateurs 
concrets nous servent à convaincre la direc-
tion et à piloter nos moyens.
Comment avez-vous favorisé la biodiversité?
Une partie du patrimoine végétal existait 
déjà, mais nous avons remplacé de nom-
breuses espèces exotiques par des plantes 
locales plus cohérentes. Depuis 2024, notre 
secteur est certifié Bio Suisse, ce qui motive 
énormément les équipes. Chacun peut suivre 
des formations selon ses affinités – oiseaux, 
insectes, flore indigène – et proposer de nou-
veaux aménagements. Nous travaillons aussi 
avec le Groupe Ornithologique du Bassin 
Genevois – GOBG – pour installer des ni-
choirs et renforcer la faune.
Les patients ressentent-ils ces ­changements?
Oui, clairement. Ils remercient souvent les 
jardiniers pour la beauté et la quiétude des 
lieux. Ces espaces végétalisés apaisent et 
humanisent l’hôpital. Grâce au département 
RSE (responsabilité sociétale des entre-
prises) et aux fondations privées, nous avons 
pu financer de nouveaux projets, comme 
les cocons de verdure et les bacs plantés là 
où la pleine terre manque. Chaque mètre 
carré compte.
Vous insistez sur la rigueur de gestion. 
Parce que la rigueur crée la crédibilité. Nous 
avons mis en place un plan d’action sécurité 
complet, identifié les risques, formé le per-
sonnel. Cela montre que notre démarche est 
sérieuse: on ne plante pas «parce que c’est 
à la mode», mais parce que c’est durable, 
sécurisé et bénéfique pour tous.
Un message pour les professionnels?
Ne jamais lâcher. Les résultats mettent du 
temps à apparaître, mais la persévérance 
finit toujours par payer. La végétalisation 
n’est pas seulement une affaire de plantes: 
c’est une affaire de confiance, de sens et 
d’humain.
«Ces espaces végétalisés apaisent et humanisent l’hôpital»
Michel Metias
Suivez la vidéo de 
présentation de la 
journée d’étude 
Plante & Cité aux 
HUG en scannant le 
QR-code ci-joint.

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