22 jardinsuisse 1/2026 TECHNIQUE & PAYSAGE de construire. Certains cantons incitent à la perméabilisation des sols et une gestion des eaux à la parcelle, par l’exemption de la taxe de raccordement sur les collecteurs publics pour toute nouvelle construction. Cela dit, l’infiltration préconisée comme prioritaire dans la loi fédérale sur la protection des eaux présente néanmoins et paradoxalement un risque, celui de pollution de la nappe phréa- tique*. Pour cette raison il est impératif de respecter au minimum les règles suivantes: – se situer hors zones de captage d’eau potable; – le niveau d’infiltration doit se situer au minimum à 1 m au-dessus du niveau haut de la nappe phréatique*; – infiltrer des eaux exclusivement non pol- luées au travers de sols non pollués et végétalisés. Mais en dernier recours, ce sont les offices cantonaux de la gestion des eaux et de géo- logie qui ont autorité pour imposer des mesures limitant le déversement dans les réseaux publics. Prioriser les mesures applicables Selon une logique d’optimisation, il est re- commandé de prioriser les mesures appli- cables dans l’ordre suivant: 1. infiltration directement en zone autori- sée et dans un sol à perméabilité suffi- sante (revêtement perméable, empierre- ment poreux, sol naturel végétalisé, …) 2. à défaut: ouvrages d’infiltration (tran- chée drainante et d’infiltration, puits perdu, bassin de diffusion, …) 3. à défaut/et: ouvrage de stockage paysagé et/ou fonctionnel (toiture végétalisée, étang, bassin ornemental, citerne, coffre de fondation de chaussée,…) 4. à défaut/et: rejet limité dans réseau, effet retard par la retenue en ouvrages ouverts (noues, fossés, ruisseaux, bassin de rétention temporaire végétalisé, ...) 5. à défaut/et: réseau séparatif EP Gérer l’eau à la parcelle Les phénomènes conjoints d’imperméabilisation des sols et d’aléas climatiques imposent de conserver et valoriser sur place l’eau lorsqu’elle est rare – et inversement, lorsqu’il y en a trop, de développer des stratégies de répartition, distribution, stockage et réintroduction dans les sols. C’est là qu’intervient la sensibilité du paysagiste pour en tirer parti. Texte: Eric Amos Un aménagement en zone d’activité artisanale, qui apporte la qualité paysagère nécessaire à un ouvrage de gestion des eaux météoriques par rétention et effet retard, afin de limiter les débits dans les cours d’eau. photo: Eric Amos La croissance démographique et son corol- laire, la densification des espaces habités aux- quels s’ajoutent les aléas climatiques de ces dernières décennies, font que la gestion de l’eau est au centre des priorités dans l’amé- nagement des espaces extérieurs. En 1991 déjà, l’article 7 de la loi fédérale sur les eaux (LEaux) stipule que pour pallier les risques d’inondations dus à la saturation des réseaux, la priorité doit être donnée à l’infiltration des eaux non polluées (météoriques* et de ruissellement). Le déversement dans les ré- seaux EP (eaux de pluie) n’est admissible que si les conditions locales ne permettent pas une infiltration. Qui l’avait alors réellement pris en compte à l’époque? Il aura fallu trois dizaines d’années et de nombreuses catas- trophes pour une réelle prise de conscience! La Confédération délègue aux cantons la mise en place de règlements d’application. Il est nécessaire de s’y référer pour concevoir un plan de gestion des eaux dans le volet as- sainissement de la demande d’autorisation
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