jardinsuisse 1/2026 23 L’eau n’est pas un déchet Les phénomènes conjoints d’imperméabili- sation des sols et de périodes de sécheresse rappellent avec acuité à quel point l’eau, cet élément vital, doit être gérée avec conscience et respect. Le paradoxe est que l’eau de pluie est rejetée à grand frais dans des tuyaux, ce qui néanmoins demeure une potentielle cause d’inondations, alors qu’une débauche d’énergie est dépensée pour pomper, traiter et distribuer de l’eau potable sans réelles dis- tinctions d’usages! Chercher l’erreur, c’est trouver la solution! Gérer l’eau à la parcelle, tel est le nouveau mot d’ordre, un principe gagnant/gagnant. L’aménagement éponge Cette prise de conscience a été à l’origine du concept de l’aménagement éponge – tirer parti d’une ressource naturelle, faire avec, gérer avec intelligence et respect un élément aussi versatile que peut l’être l’eau vive. Il s’agit donc de développer des stratégies de répartition, de distribution, de stockage et de réintroduction dans les sols. En faire un élément de composition dans l’aménage- ment du jardin, tel un jardin de pluie. Ici réside toute l’intelligence du paysagiste, qui saura tirer parti d’une contrainte pour en faire une réelle opportunité de création d’émotions. Le paysagiste saisit ainsi cette occasion de rendre visible l’eau, de la source à son retour à la nappe par une succession de petits événements: la source, le canal, la chute, le bassin, la surverse, le ruisseau, l’infiltration, le milieu humide, la faune et la végétation associées, tout un programme! Mise en œuvre du jardin de pluie Dans cet exemple et ceux à venir, la phase d’installation de chantier (déclaration d’ou- verture de chantier, équipement et héber- gement pour employés, installations pro- visoires, signalisation et sécurisation du chantier, traçage et piquetage, etc.) n’est pas décrite mais constitue une étape préli- minaire indispensable. Pour chaque article du descriptif, l’unité de mesure est indiquée à titre indicatif en ml, m2, m3, bloc, t (tonne) ou en p (pièce). Elle doit être complétée par une quantité et des prix unitaires pour établir un devis ou la facture propre à chaque situation. Terrassement 1. Décapage de la terre végétale ép. 30 cm mise en dépôt pour réemploi – m2 2. Terrassement main et machine en terre de sous-sol, profondeur 80 cm avec ré- glage du fond aux cotes du projet, mise en dépôt à proximité – m3 3. Reprise et mise en place de terre de sous- sol pour remblayage contre ouvrage – m3 4. Eventuel: Chargement et évacuation du surplus de terre de sous-sol – m3 Maçonnerie 5. Exécution d’un béton maigre de propreté caverneux 8/16, ép. 10 cm – m2 6. Eventuel: le principe du drainage pé- riphérique ne se justifie que lorsqu’il est prévu de pouvoir vidanger le bassin alors que le sol est saturé d’eau. Dans ce cas, le drain doit s’écouler dans un exutoire en aval, évitant toute poussée d’Archimède sur le bassin vide qui pour- rait se comporter comme une coque de bateau et flotter. 7. Coffrage de bord de dalle de radier par cadre de carrelets rabotés et assemblés par les angles, ép. 16 cm – ml 8. Exécution d’un coffrage double face en panneaux tri-plis 27 mm, y compris écarteurs étanches, finition type IV pour béton aspect fini vu, largeur 15 cm – m2 9. Plus-value pour réservations passages du canal d’alimentation et de trop-plein 150/150 mm – p À g.: La pièce d’eau «naturelle» vient renforcer le réseau des mares dans les zones habitées, un des plus important vecteur de biodiversité. À d.: La pluie est toujours un évènement attendu pour l’animation du jardin... de pluie. photos: Eric Amos Ce schéma met en évidence les diverses options possibles à l’échelle d’un petit jardin de particulier. Cours et terrasse perméables, citerne de stockage, déconnection des descentes de toit, jardin de pluie, un ensemble vertueux et aisé à réaliser. Dessin: Eric Amos/Brice Goyard
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