12 jardinsuisse 1/2026 Justement, que faire pour les attirer? Nous sommes une branche d’avenir, à la- quelle le travail ne manquera pas. L’intel- ligence artificielle complète notre activi- té de manière positive, mais ne peut pas la remplacer. Et surtout, notre travail est porteur de sens – c’est précisément cela que recherchent et apprécient de nombreux jeunes. Nous avons donc de bonnes chances de susciter leur intérêt. Mais nous devons aussi tout faire pour qu’ils restent dans la branche, une fois leur diplôme en poche. Quels arguments jouent en faveur de nos métiers? Concevoir des plantations adaptées au lieu et proches de la nature, créer des aménage- ments attrayants, comprendre les relations entre organismes vivants et infrastructures techniques sont des tendances lourdes, pour lesquelles les compétences et expertises des paysagistes sont de plus en plus reconnues. JardinSuisse soutient donc la formation ini- tiale et continue, avec par exemple la mise en place de cursus de spécialiste en biodiversité. Comment JardinSuisse soutient-elle ses entreprises membres? Nous créons les meilleures condi- tions-cadres possibles pour que nos en- treprises membres réussissent. Celles-ci doivent profiter de prestations convain- cantes. Nos entreprises accomplissent un travail de qualité et contribuent à la créa- tion d’emplois. Elles participent en cela à la stabilité sociale de la Suisse et apportent de cette manière une forte valeur ajoutée à la société. Dans ce contexte, JardinSuisse joue un rôle de pivot en assurant la coordination et la collaboration avec les partenaires de notre branche, qu’il s’agisse des milieux politiques et économiques, des administra- tions mais aussi d’associations issues de la société civile. Les membres de JardinSuisse profitent de ces réseaux qui reposent sur la confiance. À cet égard, la communication interne et externe est déterminante. C’est pourquoi nous souhaitons la renforcer, en particulier dans le domaine numérique, mais cela nécessite des moyens financiers supplémentaires. Qu’en est-il précisément du numérique? Sur le site jardinsuisse.ch, nous avons amé- lioré notre chatbot afin de mieux répondre aux questions des membres. Depuis fin janvier, la plateforme d’annonces pour les successions d’entreprise dans la branche verte gruenenachfolge.ch est en ligne. Elle est destinée à mettre en relation des en- trepreneurs qui souhaiteraient vendre ou reprendre une société. Quels objectifs poursuit JardinSuisse à moyen terme? JardinSuisse n’est forte que si elle représente réellement la branche. C’est pourquoi nous voulons recruter davantage de membres, en les convainquant de la qualité de nos presta- tions. Une association n’est pas une fin en soi, mais un instrument permettant de dé- fendre au mieux les intérêts de ses membres, tant au niveau régional que national. La formation initiale et continue, déjà mentionnée, constitue un pilier central de notre action. Autre thème, JardinTop, qui règle les conventions en matière de sécurité au travail et de protection de la santé, va être davantage adapté aux besoins de nos membres. Nous travaillons aussi beaucoup sur des mesures favorables à la biodiversité. Quels sont les axes de travail politiques? Nous travaillons activement sur la consul- tation ouverte par le Conseil fédéral sur la révision de la loi fédérale sur la protection des eaux. Cette loi prévoit notamment de nouvelles valeurs limites écotoxicologiques, ainsi que des prescriptions concernant les aires d’alimentation des eaux souterraines. D’autres thématiques sont aussi à l’agenda. Sur le plan social, JardinSuisse entretient des relations étroites avec le syndicat Grüne Berufe Schweiz. Les négociations relatives à la convention collective de travail nationale (CCT) vont reprendre dès cette année. Lors de la dernière assemblée des délégués, le président de JardinSuisse Olivier Mark a averti que le secrétariat atteignait ses limites en matière de ressources humaines et financières. Quelle est votre appréciation de la situation? En raison de la croissance de la branche et des attentes qui en découlent à l’égard de l’association, notre secrétariat est en ef- fet confronté à plusieurs défis. Au cours des derniers mois, nous avons renouvelé l’infrastructure informatique, y compris les installations téléphoniques, pour travailler de manière plus efficiente. Nous souhai- tons aussi éviter le renouvellement trop fré- quent du personnel, qui nuit à son efficacité puisqu’il faut alors recommencer à zéro. La continuité au sein du bureau central est le meilleur moyen de défendre efficacement les intérêts de la branche. C’est pourquoi nous allons proposer, lors de l’assemblée des délégués en mars 2026, une augmen- tation du plafond de la masse salariale à 2 millions de francs maximum par an, le plafond actuel étant fixé à 1,5 million de francs. Cette modification concernerait les 180 plus grandes entreprises sur les 1700 membres que compte JardinSuisse. Le taux de cotisation, fixé à 0,3 % de la masse sala- riale d’une entreprise, demeure lui inchan- gé, et la cotisation de base de l’adhésion devrait être maintenue à 300 francs par an. Vous échangez régulièrement avec le comité central. Qu’attend-on de vous de ce côté-là? Une préoccupation majeure du comité cen- tral est de renforcer la présence et l’influence de l’association dans la sphère politique et auprès du grand public. Pour gagner en ef- ficacité, certaines tâches du secrétariat ont été redistribuées, en concertation avec le comité central. Les missions, compétences et responsabilités de l’équipe de direction ont ainsi été réparties entre davantage de per- sonnes. Dans un souci de continuité, toutes les personnes occupant des fonctions diri- geantes disposent désormais d’un suppléant. Par ailleurs, un règlement intérieur a été élaboré pour la première fois et adopté par le comité central. Ces mesures renforcent les responsabilités des équipes, et permettent une organisation encore plus efficiente. Il est important de souligner que les réaffec- tations au sein de JardinSuisse n’ont pas entraîné la création de nouveaux postes. Franco Chierchia est mon suppléant et je m’en réjouis. Il a repris fin 2024 le dé- partement des finances. Ses responsabilités comprennent en outre les ressources hu- maines, la direction de l’administration, l’informatique ainsi que la gestion im- mobilière. Oliver Jelting a remplacé début 2026 Stefan Haus au poste de responsable du groupement professionnel Paysagisme. Quel rôle revient aux groupements professionnels et aux associations régionales? Les groupements professionnels sont proches du terrain. Ils suivent l’évolution économique et sociétale au plus près et aver- tissent très tôt JardinSuisse des thématiques à suivre. C’est ainsi que nous sommes par- venus à maintenir le palmier de Chine dans les serres, alors que la première version de l’ordonnance fédérale voulait l’interdire. Par ailleurs, sur des sujets d’actualité tels que la promotion de la biodiversité, la réalisation de villes éponges, la résilience climatique des zones habitées, etc., JardinSuisse est en mesure d’apporter au débat des solutions issues de la pratique. C’est à nos yeux es- sentiel: JardinSuisse se veut le porte-parole des praticiens. Les décisions justes et per- tinentes émanent souvent des utilisateurs et non des décideurs éloignés de la réalité du terrain. Les sections régionales jouent là un rôle déterminant. En particulier, elles contribuent à intégrer les différentes régions linguistiques et mentalités. En tant qu’asso- ciation, nous devons rassembler au mieux
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